Le Souffle de l’écologie // Retouchons terre !

2. Sortir de l’impasse : ni atermoiement, ni demi-mesure

 

 

2.1 Refusons l’uniformité et portons l’écologie de demain

Le monde s’accélère et de plus en plus de gens ont du mal à y trouver leur place. Les territoires dans leur diversité sont les grands oubliés des politiques publiques. Sous la pression du capitalisme, les politiques territoriales se structurent autour d’un seul objectif : celui de la compétitivité économique. Les citoyen.ne.s de territoires entiers – villes petites et moyennes, périphéries urbaines, espaces ruraux et ultras marins – sont abandonnés, relégués, tandis que les métropoles concentrent tous les capitaux et imposent l’uniformisation des modes de vie. Abandon des services publics, écoles en sursis, centres bourgs qui se dépeuplent. Dans les territoires ultra-marins, les communautés autochtones en sont souvent les premières victimes.

Nous refusons ce monde de domination de pays, de genre et de classe, d’exclusion, d’exploitation de la nature, de ses ressources, séparation entre les humains et les autres êtres vivants. Notre écologie est une écologie qui valorise le soin, la diversité, le dialogue, la relation, la coopération. Les solidarités qui s’inventent sur ces territoires « relégués » sont pour nous source d’inspiration et de propositions.

Ils portent des solutions (économie sociale et solidaire, territoires en transition, ZAD, rondpoints des Gilets Jaunes, micro expérimentations) qui inventent de nouvelles manières de vivre.

Notre écologie réinvente la solidarité internationale seule susceptible de réduire les conflits et les risques de guerres nouvelles qui s’accumulent. Elle se décline à l’échelle de la planète. Elle décentre les discours et les regards. Elle propose un discours décolonial et réconciliateur. Elle acte l’impasse des frontières nationales face aux enjeux contemporains. Enfin, elle reconnaît notre dette écologique vis à vis des pays dont les ressources continuent d’être pillées et les écosystèmes détruits, notamment dans les territoires Ultra-marins.

Face à la crise de nos institutions démocratiques, la mise en place de nouveaux espaces de délibération est urgente. Alors que le système économique abandonne certains territoires, la démocratie représentative dépossède les personnes de leur pouvoir d’agir. A travers des outils participatifs locaux, une démocratie permanente, horizontale et de proximité doit s’inventer. Sans révolution démocratique, pas de révolution écologique pacifique, pas de métamorphose.

2.2 Une orientation stratégique sans ambiguïté

Les résultats des élections de 2019 ont dessiné un nouveau paysage politique en Europe :  l’écologie apparaît comme la matrice autour de laquelle reconstruire l’idée de progrès humain, et EÉLV comme le pôle de cette reconstruction. Dans un contexte politique marqué par la montée des forces fascisantes, le maintien des partis libéraux et par l’affaiblissement des partis de “gauche”.

Face à ce constat, les écologistes ont le devoir de rassembler les citoyen.e.s, les forces politiques, syndicales, associatives qui se réclament de l’écologie, et d’ouvrir le dialogue avec les forces qui prennent conscience des crises écologiques.

Parce que nous reconnaissons notre place dans une nature plus large où aucune espèce n’est supérieure à une autre, parce que nous sommes les porteurs d’un imaginaire enraciné dans les combats émancipateurs et subversifs menés avec la gauche, pour la défense des exploité.es et des exclu.es, il est temps de faire converger nos histoires militantes, nos parcours politiques autour d’un nouveau projet de société, écologiste, féministe, altermondialiste antiraciste articulant autonomie et fédéralisme, lutte pour les communs et justice environnementale, justice sociale et lutte contre le capitalisme.

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