Le Souffle de l’écologie // Retouchons terre !

Le Souffle de l’écologie
Retouchons terre !

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L’objectif n’est plus fondamentalement le développement des biens matériels (…) il est aussi le retour de chacun sur ses besoins intérieurs, le grand retour à la vie intérieure et au primat de la compréhension d’autrui, de l’amour et de l’amitié. (Edgar Morin)

1. Retoucher terre

 

S’il y avait encore des doutes sur la gravité de la situation de notre planète, l’été 2019 aura apporté son lot de preuves supplémentaires. Or en dépit de la mobilisation des « jeunes » pour le climat, toutes les dégradations environnementales s’aggravent et les projets extractivistes climaticides comme celui de la “Montagne d’or” en Guyane se poursuivent, alors que les inégalités sociales explosent en France et dans le monde.

Edgar Morin résume parfaitement l’impasse devant laquelle nous nous trouvons : « Aujourd’hui, la cause est sans équivoque, sublime : il s’agit de sauver l’humanité. Quand un système est incapable de traiter ses problèmes vitaux, il se dégrade, se désintègre ou alors il est capable de susciter un méta-système à même de traiter ses problèmes : il se métamorphose ».

Nous étions à – 4°C lors de la dernière glaciation. Des océans plus bas de 120 m, des glaciers de plusieurs km de hauteur dans le nord de l’Europe, des sols gelés sans agriculture possible dans le sud. Avec + 3°C à + 7°C à la fin du siècle, c’est la guerre, la famine et la maladie partout.

L’inertie du système nous condamne à subir les conséquences de cette crise systémique.

La seule option capable d’amortir les effets des effondrements à venir est de changer radicalement de modèle, de nous métamorphoser ! Faisons notre deuil du confort qu’offraient, à 20 % de l’espèce humaine, les énergies carbonées et nucléaires et soyons solidaires avec les 80 %.

Cela passe par :

1) La sobriété : la réduction drastique individuelle et collective de notre utilisation d’énergies fossiles. La production de CO2 doit décroître rapidement dans les territoires, dans les entreprises, dans les politiques publiques.

2) Notre adaptation  à un milieu moins accueillant : renforçons notre résilience. Mobilisons et organisons l’intelligence collective. Démondialisons, relocalisons les activités humaines. Renforçons notre autonomie individuelle et collective. Produisons tout ou partie de notre alimentation, construisons des éco-lieux, développons le low- tech, des agricultures bio, la permaculture, des jardins-forêts, des organisations bio-locales et bio-régionales. Préparons-nous à accueillir dignement les réfugié.es climatiques et économiques. Construisons un nouveau rapport à la nature, au vivant, à la spiritualité, à la convivialité, au local, au collectif, à la non-violence…

3) La remise en cause d’un système basé sur l’accumulation des profits, incompatible avec la survie sur terre

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