[CONTRIBUTION] Démocratisation de la liaison adhérent.es – décisions stratégiques du parti ?(Christine Ladret)

« Démocratisation de la liaison adhérent.es – décisions stratégiques du parti ? »

Par Christine

La liaison entre les adhérent.es et les décisions stratégiques du parti reste floue et peu efficiente (Constats de la conférence de consensus). Or l’orientation politique se décide lors d’un Congrès via un débat d’orientation structuré autour de textes d’orientation, appelés motions d’orientation.

1 – Description et analyse de la situation actuelle

L’enquête interne et l’atelier de consensus ont largement pointé  les divisions bien souvent artificielles dont souffre le parti et la trop grande place prise par les motions dans les mécanismes de désignation interne et externe.

Ces divisions reposent plus sur des querelles de personnes et d’incarnation plus que sur le fonds du débat politique. Le mot même de « motion » que nous utilisons à tout va et qui donne lieu à de multiples confusions traduit bien cette ambiguïté sémantique  en désignant à la fois une réflexion politique et les personnes qui l’incarnent.

Toutefois,  comme le rappelait justement Hélène Hardy « nous devons faire attention à ne pas brider la démocratie interne et ne pas avoir peur que coexistent au sein du parti des positions différentes sur les questions d’orientations stratégiques. Il est normal que cela soit ainsi, et chercher à l’effacer nuirait forcément à la démocratie ».

Concrètement, les motions sont aujourd’hui fabriquées à l’intérieur des différentes sensibilités ou entre sensibilités reconfigurées du Congrès précédent. Ce qui pose un sérieux problème en termes de démocratie car d’une part les sensibilités initiales ont pu diverger et d’autre part, ce processus de fabrication est réservé aux conseiller.es fédéraux en fonction et éventuellement à quelques initié.es sans ouverture possible à d’autres adhérent.es hors sensibilités ou nouvellement arrivés, qui les découvriront une fois rédigées.

Aujourd’hui, nos statuts et règlements intérieurs actuels ne précisent rien sur les modalités de fabrication des motions. Il est donc  très difficile pour un.e adhérent.e ou même un groupe local de savoir comment ça marche : Qui les rédigent ?  Dans quelles instances elles sont débattues ? Comment les adhérent.es peuvent y participer ? Peuvent-ils même y participer ?

Le règlement intérieur actuel ne précise que les critères de recevabilité  de ces motions : leur nombre de caractères ainsi que le nombre de signataires exigés.

2 – Objectifs à atteindre sur le plan stratégique

Il nous faut donc à la fois :

  • – Sur le plan stratégique, ne pas craindre que des positions différentes s’expriment avant un Congrès sur les questions d’orientation stratégique tout en arrivant  à ce que le débat stratégique de Congrès se conclue sur un texte unitaire
  • – Sur le plan concret, redonner aux adhérent.es une prise réelle non seulement sur la rédaction des motions mais également sur le choix des personnes qui vont porter la stratégie retenue.

3 – Une proposition en trois temps

Temps 1 : Informer les adhérent.es plusieurs mois avant, qu’un Congrès va avoir lieu  et leur donner les informations et les moyens concrets :

  • – de participer à la rédaction des motions ou d’en être les initiateurs/trices,
  • – de se présenter s’ils ou elles le souhaitent à des postes de responsabilité interne (cf critères vote2)

Temps 2 : Voter lors d’un premier vote sur les motions d’orientation sans que ces dernières soient reliées à une liste de candidat.es au BE

Temps 3 :  Voter lors d’un deuxième vote pour désigner le BE qui portera la stratégie retenue

  • – Sur des listes complètes présentant et justifiant  l’adéquation de la personne à la fonction sur la totalité des missions définies (expérience, incarnation, renouvellement, représentation des régions, représentation des minorités, …)

Le temps 2 permet de conserver la possibilité de déposer plusieurs textes et donc de se focaliser uniquement sur la richesse d’expression de toutes les tendances et nuances politiques en éliminant provisoirement le biais de leur incarnation. Il permet donc d’arriver par le vote des adhérent.es à un texte majoritaire ou mieux unitaire représentant le parti.

Le temps 3 vient prendre le relais. En ouvrant à tout.e adhérent.e la possibilité de postuler à la gouvernance du parti (bureau exécutif), il redonne aux adhérent.es la main sur l’incarnation de la ligne stratégique du  parti.

4 – Concrétisation de cette proposition 

Le temps 1 peut être mise en œuvre dès ce Congrès par le BE puisque rien n’est écrit dans le RI qui pourrait l’empêcher, néanmoins, lors de la prochaine révision du RI, il faudra préciser les procédures concrètes.

Les temps 2 et 3, d’après moi, ne demandent pas de révision des statuts (cela reste à vérifier) mais ils demandent une révision du RI, ce qui est beaucoup plus simple.

Christine Ladret