[CONTRIBUTION] L’organisation en archipel, le souffle du changement tant attendu (Bernard Martin)

« L’organisation en archipel, le souffle du changement tant attendu »

Par Bernard

Le Souffle du changement tant attendu par les citoyens et les acteurs de la société civile pour un véritable changement politique nous vient d’un grand homme, un intellectuel martiniquais, victime du racisme, de l’ostracisme, des violences qui aujourd’hui persistent mais qui a su dépasser et traduire la manière dont aujourd’hui nous pouvons ensemble, les forces écologiques et sociales, nous dépasser : sous la forme de l’organisation dite en archipel. Il s’agit d’Édouard Glissant, écrivain, poète et philosophe martiniquais, à l’origine de cette idée d’organisation en archipel, qui met en avant la nécessité de préserver l’ identité racine de chacun (ce que nous sommes, je pense là à chaque organisation politique mais aussi associative…uni dans ce grand rêve d’avancer ensemble dans le respect de nos personnalités) et nos identités relationnelles (du latin religaere : ce qui nous relie dans des actions, dans des projets réels, ce qui nous rend capable d’œuvrer ensemble sur des projets de toutes natures y compris politiques mais bien identifiés) entre les organisations partenaires de l’archipel.

Cet archipel est la métaphore d’un espace ou la pirogue symbolise ce lien qui s’établie entre chacun, qui n’est pas qu’un simple contrat, qui n’est pas que la main tendue, mais qui est la main serrée. Cette organisation en archipel a pour objectif de mettre en synergie et en mouvement des organisations qui souhaitent coopérer ensemble tout en respectant leurs identités et relations respectives. Lors des journées d’été de 2019, il en fut question grâce à la coopérative qui nous expliqua sa mise en œuvre avec la référence à l’expérience du programme « Les jours heureux » appelés ainsi par le CNR en 1945 et qui se retrouve dans l’organisation en archipel, référence au bien vivre en acte (Osons les Jours heureux). L’organisation en archipel très souple est basée sur :

• des îles suffisamment proche les unes des autres, unies par des valeurs effectivement partagées (pour nous l’écologie, la fraternité et la solidarité) et chacun conservant son identité racine, ce qu’il est (ainsi on ne demande pas à l’autre de devenir nous-même)

• des îles reliées par leur appartenance à un lagon commun, l’assemblée générale des partenai Elle définit les orientations et elle n’a pas de pouvoir sur les partenaires. Pour bien fonctionner, elle est composée de plusieurs représentants par partenaires (2, 4…). Cette assemblée générale définit la politique et la stratégie de l’archipel sur le long terme comme la transformation politique de notre système (à différencier des actions et des projets) et fixe la feuille de route périodique (en fonction des moyens et de la voilure qu’ensemble nous sommes capable de donner pour parvenir à réaliser notre projet). Il y a bien long une vision stratège (Martin Luther King ne disait-il pas que nous devions être autant stratège que les grandes armées !).

• une équipe opérationnelle permanente, le voilier atelier qui assure la liaison permanente entre les îles, le comité de pilotage pour mener les actions et /ou les projets au long cour secondé par des pirogues qui relient plus ou moins d’îles entre elles, en fonction des projets communs, projets à durée de vie variable qui peuvent être bilatéraux, trilatéraux, multilatéraux, entre organisations politiques mais aussi associatives et politiques, chacune des organisations étant préservée dans son identité, mais dans un ensemble agissant, d’autant plus fort qu’il partage le même espace de valeurs et qu’il y a de membres associé Pour fonctionner, elle dispose d’un budget propre, budget défini par les partenaires. Elle offre la possibilité de disposer d’un outil commun à tous les partenaires et à l’archipel (mutualisation des moyens logistiques, outils numériques, assistance …) et elle soutient et coordonne les actions, projets dans lesquels s’engagent les partenaires. Certains projets pourraient être menés par celui-ci dès lors que le projet fait l’objet d’un consentement du collectif (voir mon article sur la sociocratie qui est la manière dont les décisions importantes doivent se prendre pour bénéficier de l’intelligence collective et assurée une gouvernance réellement partagée).

Revenons un instant sur les actions et les projets : Ils sont créés à partir de deux partenaires qui s’organisent entre eux. Ils ont une durée de vie limitée, celle de l’action, celle du projet, qui a des objectifs clairs et un échéancier précis. L’organisation en archipel est basée sur une charte signée par tous. En effet, c’est ce qui nous permet de travailler ensemble en paix et en confiance, c’est ce qui nous unis et nous réunit, c’est ce qui fait sens pour chacun et ensemble. La charte nous engage dans notre identité, nous porte comme nous la portons dans sa mise en œuvre. Enfin, petit ou grand, nous fonctionnons sur un mode égalitaire, car ce sont les identités racines qui existent, comme chacun d’entre nous avec nos personnalités, avec un même pouvoir et qui nous permet de nous reconnaitre. Sur un plan formel, elle peut s’organiser sous la forme d’association coopérative. Pour conclure, l’organisation en archipel est donc cette forme que nous souhaitons mettre en place, avec nos partenaires, associatifs et politiques, avec qui nous partageons des valeurs, porté par un vaste projet, celui d’intervenir ensemble avant que le monde ne s’effondre et fasse de le l’immense majorité une victime des puissants et qui engage, chacun, en fonction de ce qu’il peut et de ce qu’il souhaite. L’organisation en archipel élargi notre mouvement, du local, en passant par le régional, dès lors que la volonté politique existe et potentiellement au national, le revigore et rend possible notre rêve et notre volonté que le bien vivre ne soit pas seulement un doux rêve mais un objectif atteignable.

Il s’agit bien du Souffle du changement tant attendu.

Bernard Martin
le 22 octobre 2019